jeudi 24 décembre 2009

Notre besoin (comme un bien vécu commun...)



Personne ne peut énumérer tous les cas où la consolation est une nécessité. Personne ne sait quand tombera le crépuscule et la vie n'est pas un problème qui puisse être résolu en divisant la lumière par l'obscurité et les jours par les nuits, c'est un voyage imprévisible entre des lieux qui n'existent pas. Je peux, par exemple, marcher sur le rivage et ressentir tout à coup le défi incroyable que l'éternité lance à mon existence dans le mouvement perpétuel de la mer et dans la fuite perpétuelle du vent. Que devient alors le temps, si ce n'est une consolation pour le fait que rien de ce qui est humain ne dure - et quelle misérable consolation, qui n'enrichit que les Suisses !

Stig Dagerman

Et puis Eh ! Oh ! Nos importants, nos choisis... mon besoin de consolation n'est pas plus impossible à rassasier que le vôtre ni que celui de tous les autres, nulle prime à la douleur...

Combien j'aime le passage ci dessus... et si, plus encore, que le rire c'était ce besoin là, de consolation, qui nous faisait "frères humains", alors, l'affronter, individuellement, collectivement, lucides et construits, inconsolables mais gais (thanks, Bedos)... Comme nous savions A et moi que ce qui nous fait humain est que rien de ce qui est humain ne dure ; combien de fois en avions-nous parler ? De cela et de la non linéarité du temps, qui faible, stagne, croupit et... fort, s'écoule, passe... alors, aucun pathos, dans ces textes, rien que des certitudes pratiques (enrichies de quelques explicatives), construites (de tant d'amour et de paroles échangées et de la merveilleuse intercompréhension) dont il faut tenir compte pour vivre ensemble, debout ! et fiers de notre humanité !

mercredi 23 décembre 2009

Craintif et curieux, petit Goupil Toscan...

Notre besoin de consolation est impossible à rassasier

"Mais il ya des consolations qui viennent à moi sans y être conviées et qui remplissent ma chambre de chuchotements odieux : je suis ton plaisir - aime les tous ! Je suis ton talent - fais-en aussi mauvais usage que de toi-même ! Je suis ton désir de jouissance - seuls vivent les gourmets ! Je suis ta solitude - méprise les homes ! Je suis ton aspiration à la mort - alors tranche !
Le fil du rasoir est bien étroit. Je vois ma vie menacée par deux périls : d'un côté les bouches avides de la gourmandise, de l'autre par l'amertume de l'avarice qui se nourrit d'elle-même. Mais je tiens à refuser de choisir entre l'orgie et l'ascèse, même si je dois pour cela subir le supplice du gril de mes désirs. Pour moi, il ne suffit pas de savoir que, puisque nous ne sommes pas libres de nos actes, tout est excusable. Ce que je cherche, ce n'est pas une excuse à ma vie mais exactement le contraire d'une excuse : le pardon. L'idée me vient finalement que toute consolation ne prena tpas en compte ma liberté est trompeuse, qu'elle n'est que l'image réfléchie de mon désespoir. En effet, mon désespoir me dit : perds confiance, car chaque jour n'est qu'une trève entre deux nuits, la fausse consolation me crie : espère, car chaque nuit n'est qu'une trève entre deux jours."

Stig Dagerman

Notre besoin de consolation est impossible à rassasier



En ce qui me concerne, je traque la consolation comme le chasseur traque le gibier. Partout où je crois l'apercevoir dans la forêt, je tire. Souvent je n'atteins que le vide mais, une fois de temps en temps, une proie tombe à mes pieds. Et, comme je sais que la consoltation ne dure que le temps d'un souffle de vent dans la cime d'un arbre, je me dépèche de m'emparer de ma victime.
Qu'ai-je alors entre mes bras ?
Puisque je suis solitaire : une femme aimée ou un compagnon de voyage malheureux. Puisque je suis un poète : un arc de mots que je ressens de la joie et de l'effroi à bander. Puisque je suis prisonnier : un aperçu soudain de la liberté. Puisque je suis menacé par la mort : un animal vivant et bien chaud, un coeur qui bat de façon sarcastique. Puisque je suis menacé par la mer : un récif de granit bien dur.

Stig Dagerman

mardi 22 décembre 2009

Donc, "Notre besoin de consolation est impossible à rassasier"



à A, et à vous, nos importants, nos choisis,

"Je suis dépourvu de foi et ne puis donc être heureux, car un homme qui risque de craindre que sa vie ne soit une errance absurde vers une mort certaine ne peut être heureux.
Je n'ai reçu en héritage ni dieu, ni point fixe sur la terre d'où je puisse attirer l'attention d'un dieu : on ne m'a pas légué non plus la fureur bien déguisée du sceptique, les ruses de Sioux du rationaliste ou la candeur ardente de l'athée. Je n'ose donc jeter la pierre ni à celle qui croit en des choses qui ne m'inspirent que le doute, ni à celui qui cultive son doute comme si celui-ci n'était pas, lui aussi, entouré de ténèbres. Cette pierre m'atteindrait moi-même car je suis bien certain d'une chose : le besoin de consolation que connaît l'être humain est impossible à rassasier."

Stig Dagerman

De notre chère Fanc de la belle tribu F, juste, si juste

un petit extrait d'un livre qui m'a fait penser à Catherine
"Francesca avait une dilection pour la marche à pieds. Il nota son goût pour les chaussures plates qui lui permettaient de marcher à longues foulées , les sacs en bandoulière assez grands pour contenir deux ou trois livres , les vètements de coupe parfaite et d'une sobriété frolant l'austérité , les châles et les étoles , qu'elle ne portait jamais que sur une épaule et laissait flotter derière elle. Avec son front dégagé , ses pommettes hautes , son pas rapide , sa minceur , elle avait une allure folle . On aurait dit qu'elle l'ignorait. Jamais Van ne la vit se regarder dans une glace ou une vitrine. Précisément, comprenait-il , il lui manquait pour se faire retourner sur elle ceux qui la croisaient dans la rue ce coté "ravie d'être elle même " qu'a la femme qui quête et voit avec délice son reflet dans les vitres , enchantée de sa jolie taille, de sa coiffure et de la gaieté de ses hanches.(...) en plus d'être la beauté et l'élégance faite femme, et la générosité, et l'ardeur, elle est simple, elle est bonne fille, elle est gentille comme tout."
Voila cette description correspond exactement à l'image que j'ai de Catherine. Sans doute tous ses proches ne la retrouveraient pas dans ces quelques mots mais pour moi c'est elle...

publié par gildas pour Fanc. et merci de ça, de ce bien vécu commun

lundi 21 décembre 2009

et Claire, notre fée, nous avait donné...

A,

Stig Dagerman

Notre besoin
de consolation
est impossible
à rassasier

Traduit du suédois
pat Philippe Bouquet

ACTES SUD

alors, au fil des jours, vous le faire partager... à vous A, of course, et à tous nos importants, merveilleux...